Pratiquée 8 jours après la naissance dans la religion juive et à la puberté dans la religion musulmane, la circoncision, qui consiste à enlever la peau du prépuce, perdure de génération en génération. Plus qu’une tradition, elle présente aussi des avantages pour la santé, permettant de prévenir les risques de certaines maladies sexuellement transmissibles. Explications.

La circoncision, une tradition religieuse

Dans la religion juive, la circoncision appelée « Brit Mila » est pratiquée le 8ème jour qui suit la naissance de l’enfant. Il s’agit de l’ablation partielle ou totale du prépuce du pénis du bébé. A quelques jours de la naissance et sous anesthésie locale, cette intervention chirurgicale pratiquée par des rabbins spécialisés est sans danger pour le nouveau-né et peu douloureuse, contrairement aux circoncisions pratiquées chez certaines personnes à l’âge adulte ou durant l’enfance. Signe d’une alliance avec Dieu entre Abraham et ses descendants, cette tradition est pratiquée depuis des siècles, de génération en génération. Chez les musulmans, la circoncision est en revanche pratiquée avant la puberté, mais l’âge varie d’un pays à l’autre, selon les rites.

Circoncision : quels bénéfices sur la santé ?

Depuis le 19ème siècle, la circoncision est pratiquée afin de prévenir certaines maladies telles que la syphilis, et le phimosis. En Afrique, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) organise même des interventions chirurgicales chez les garçons afin d’éviter les risques de transmission du sida et de maladies sexuellement transmissibles (MST). En juillet 2010, l’OMS comptait circoncire 80% des hommes et des nourrissons de l’est et du sud de l’Afrique. L’objectif pour 2015 étant alors d’étendre cette pratique à 20 millions d’hommes.

Par ailleurs, une étude de l’American Academy of Pediatrics (AAP) menée en 2012 par des chercheurs spécialisés dans la pratique de la circoncision a montré que les bénéfices de cette intervention néonatale étaient supérieurs aux risques de l’intervention chirurgicale. Selon les résultats de l’étude, la circoncision permet de protéger l’enfant à l’âge adulte contre certaines infections sexuellement transmissibles (IST), notamment l’herpès génital, la syphilis, le trichomonas, et le papillomavirus. Et ce n’est pas tout : la circoncision préviendrait aussi les risques de cancers du pénis, de la prostate et du gland, réduirait de 60% à 70% la transmission du VIH, et diminuerait les infections urinaires durant l’enfance. En effet, les enfants non circoncis auraient 10 fois plus de risques que ceux ayant été circoncis de développer une infection urinaire infantile grave. Mais la circoncision protègerait aussi les femmes, indirectement. Celles qui ont des rapports sexuels avec une personne circoncise auraient moins de risque de développer un cancer du col de l’utérus. Pour autant, contrairement aux idées reçues, la circoncision n’a aucun impact sur le plaisir sexuel de l’homme ou de la femme et les complications restent extrêmement rares.

Il est indispensable de rappeler que même si la circoncision a l’avantage de diminuer les risques de transmission de certaines maladies, la meilleure prévention reste la protection avec le port d’un préservatif lors des relations sexuelles. Rappelons enfin que la circoncision est parfois pratiquée selon les cas pour des raisons médicales comme lorsque le prépuce du nouveau-né est trop serré et qu’il ne peut être décalotté.

Une meilleure hygiène chez les hommes circoncis ?

L’hygiène a longtemps été considérée comme étant meilleure chez les hommes circoncis, notamment dans les pays chauds où l’accès à l’eau était difficile, mais aujourd’hui et notamment en France, cet argument n’est plus réellement valable puisque chacun se douche quotidiennement. Il est en revanche indispensable de bien nettoyer, chaque jour, cette zone sensible.

 

Alice du Laboratoire PediAct

 

Source :

  • Etude de l’American Academy of Pediatrics du 27 août 2012 : www.aap.org/en-us/about-the-aap/aap-press-room/pages/Newborn-Male-Circumcision.aspx