publié le: 15 décembre 2014

Le syndrome du bébé secoué : des séquelles fréquentes et graves

Chaque année, des nourrissons sont violemment secoués et subissent des blessures graves, amenant parfois au décès. Les professionnels de santé et de la petite enfance mettent l’accent sur l’importance de la prévention pour éviter ces drames terribles, qui surviennent généralement dans l’entourage proche de l’enfant : parent, assistante maternelle…

Qu’est-ce que le syndrome du bébé secoué ?

Ce syndrome est déclaré lorsqu’un tout-petit (généralement âgé de moins de 6 mois) a été secoué avec des mouvements violents, même pendant peu de temps.

À cet âge, le bébé est encore immature : son cerveau n’occupe pas toute la place dans la boîte crânienne. S’il est secoué, cet organe fragile bouge et vient se cogner contre les parois, ce qui peut l’abîmer et/ou provoquer une hémorragie. De plus, le nourrisson n’a pas assez de force dans le cou pour contrebalancer la secousse, d’où des mouvements très importants de la tête.

Dans la majorité des cas, ce problème survient dans le cadre familial ou de la garde. La personne qui s’occupe de l’enfant perd son calme en raison de pleurs importants. Dans d’autres cas, il peut s’agir de maltraitance.

De graves séquelles

Tout secouement, même de courte durée, même unique, peut avoir des conséquences graves, voire mortelles. La tête du bébé est très fragile et peut subir fractures osseuses, saignements, hématomes, troubles neurologiques… Les conséquences vont du traumatisme crânien jusqu’au décès de l’enfant, en passant par différents niveaux de handicap, en raison de la destruction du tissu nerveux : difficultés sensorielles (perte de la vue, de l’ouïe), comportementales, d’apprentissage, etc.

Les chiffres sont terribles : plus de 3 enfants secoués sur 4 ont des séquelles irréversibles, 1 sur 10 en meurt. Plus le bébé est jeune, plus les dégâts sont importants, en raison de sa faiblesse musculaire. Sachez également que les garçons sont plus touchés car leur espace boîte crânienne/cerveau est plus important que chez les filles.

Si un nourrisson a été secoué, il est vital de le faire examiner immédiatement par un médecin. N’hésitez pas à appeler les urgences (au 15 ou 112) pour être pris en charge rapidement. Enfin, il convient de comprendre et analyser les circonstances de l’événement, afin d’éviter sa reproduction par l’adulte.

La prévention avant tout

On estime que 100 à 200 enfants au moins sont secoués chaque année en France. Tous les milieux sociaux sont concernés, contrairement à certaines idées reçues.

Le conseil le plus important pour éviter de secouer un bébé est de ne pas se laisser emporter. Si l’enfant pleure beaucoup, il vaut mieux le poser dans son lit ou son couffin (toujours sur le dos, les voies respiratoires bien dégagées) et quitter la pièce momentanément pour retrouver son calme. On peut également demander de l’aide au conjoint, à une amie, une voisine ou un médecin si la fatigue et l’énervement sont trop importants.

Autre cas : vous récupérez votre enfant après l’avoir confié à la garde de quelqu’un. S’il est apathique ou, au contraire pleure beaucoup, s’il vomit, a du mal à respirer, perd connaissance ou s’il n’est pas comme d’habitude, n’hésitez pas à consulter rapidement.

Quoi qu’il en soit, l’essentiel est de ne jamais avoir le moindre geste violent envers l’enfant, même passager.

Le syndrome du bébé secoué est un véritable drame, d’une gravité extrême puisqu’il peut changer de façon irréversible la vie de l’enfant. Des campagnes de prévention sont régulièrement mises en place pour informer les parents et professionnels de la petite enfance pour éviter au maximum ces accidents.

Alice du Laboratoire PediAct

NB : Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.