publié le: 23 novembre 2015

Faut-il limiter l’usage de la sucette chez l’enfant ?

Il est bien tentant de donner une sucette à son bébé, ne serait-ce que pour le calmer et apaiser ses pleurs. Si le nourrisson a un réflexe de succion inné, l’usage de la sucette fait pourtant débat et amène de nombreuses interrogations. La proposer à son enfant va-t-elle faire de lui un “baby addict” ? Essayons d’y voir un peu plus clair.

La succion : un besoin physiologique pour bébé

Le mouvement de succion est un besoin physiologique acquis dans le ventre de la maman. Dès le second trimestre de grossesse, le fœtus est capable de sucer son pouce. À sa naissance, ce réflexe naturel perdure et bébé tète le doigt de ses parents, son poing, son doudou, son bavoir, ses draps ou… une sucette !

Bien entendu, il est primordial de respecter ce besoin de succion qui lui procure apaisement et plaisir. Si le sein, le biberon, le pouce ou encore le doudou ne suffisent pas à le rassurer, alors l’usage de la sucette peut être une bonne alternative. Elle ne doit cependant pas lui être systématiquement présentée, mais uniquement si vous ressentez que votre enfant en a un réel besoin.

Dans ce cas, préférez un modèle de sucette d’une marque agréée, afin de vous assurer qu’il ne présente pas un danger pour sa santé.

Sachez également que si vous allaitez votre enfant exclusivement au sein, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS*, recommande de ne pas utiliser de sucettes.

L’usage de la sucette : à quel rythme ?

C’est là toute la complexité de l’usage de la sucette. Car, elle devient vite l’objet fétiche de l’enfant ! Et, plus il commence tôt à la sucer, plus il risque d’avoir du mal à s’en défaire.

Bébé devient dépendant et ne peut plus s’en passer pour s’endormir. À tel point, et bon nombre de parents peuvent en témoigner, que lorsqu’il ouvre la bouche et la laisse tomber dans son lit, confort et sécurité disparaissent et les pleurs redoublent d’intensité. Lors de sa sieste ou en pleine nuit, les parents doivent alors explorer sa chambre pour retrouver au plus vite la sucette magique ! Mieux vaut, si votre enfant dort avec une sucette, en prévoir plusieurs de rechange…

L’idéal est donc de l’habituer, dès la naissance, à ne téter sa sucette que si vous ressentez qu’elle lui est absolument nécessaire. Il faut en faire un usage raisonné et raisonnable, par exemple à l’heure du coucher ou dans les moments de fatigue et de gros chagrins.

Bien sûr, s’il semble en réelle détresse, vous devez la prendre en compte. Mais avant de lui proposer sa sucette, essayez de le calmer et de l’apaiser par d’autres moyens : prenez-le dans vos bras, parlez-lui doucement, faites-lui un câlin, chantonnez une comptine ou encore massez-le.

L’usage de la sucette : avantages et inconvénients

Si, en effet, le nourrisson a un besoin tout à fait naturel de téter, les avis sont très partagés quant à son usage.

  • Les avantages de la sucette

– Certains bébés réclament plus que d’autres à téter et peuvent mettre les nerfs des parents à rude épreuve. La sucettepeut être une solution pour les apaiser.

– L’usage du pouce est difficilement contrôlable, alors que celui de la sucette l’est davantage.

– Elle calme l’enfant et le rassure, notamment s’il traverse des épisodes difficiles comme des coliques ou poussées dentaires et des difficultés d’endormissement.

– La sucette est stérilisable et donc plus hygiénique.

  • Les inconvénients de la sucette

Elle peut provoquer des troubles du sommeil. Elle devient un rituel, un objet nécessaire à son endormissement. L’enfant ne parvient pas à s’endormir sans elle. D’autant plus s’il se réveille la nuit et la perd dans son berceau ou son lit.

– Une succion prolongée, au-delà de 3-4ans, favorise des déformations de la mâchoire et des malpositions dentaires.

– Elle peut répondre de manière trop systématique à un “tais-toi” au moindre cri de l’enfant. Lui introduire ainsi dans la bouche ne favorise pas la communication.

– Elle crée une forte addiction qu’il est difficile d’arrêter.

– Elle met un frein à la diction de l’enfant. Il prend l’habitude de parler avec sa sucette dans la bouche et articule peu.

– Bien qu’elle puisse être régulièrement stérilisée, elle est un “nid à microbes”.

Limiter l’usage de la sucette dès la naissance semble être un bon compromis. Il n’est pas question de frustrer l’enfant, il faut juste délimiter cet usage dans le temps. Pour convaincre l’enfant qu’il peut s’en passer, il est essentiel de procéder par étapes.

Valorisez-le en lui expliquant qu’il est à présent un grand et proposez-lui, par exemple, de ne prendre sa sucette qu’une nuit sur deux ou de l’enlever lors d’une sortie. Son entrée à l’école maternelle peut être une excellente date butoir pour l’aider à soutenir ses efforts.

 

Alice du Laboratoire PediAct

 

Source : Organisation Mondiale de la Santé : nutrition et allaitement au sein