publié le: 16 mars 2015

Jusqu’à quel âge un enfant peut-il garder son biberon ?

Jusqu'à quel âge un enfant peut-il garder son biberon ?

Depuis tout petit, votre enfant ne s’endort pas sans sa tétine, son doudou ou son biberon, mais en grandissant, il devient difficile de l’en séparer. A partir d’un certain âge, comment lui faire comprendre que le biberon n’est plus indispensable pour boire de l’eau ou son lait ? Jusqu’à quel âge peut-il boire au biberon et comment faire pour l’habituer progressivement au verre, comme les grands ?

Y a-t-il un âge limite ?

Pour l’enfant, le biberon est avant tout un objet rassurant, puisqu’il a pris l’habitude de l’avoir toujours à portée de main. Il boit souvent son biberon au coucher ou au réveil, voire même après un gros chagrin ! Tout dépend donc du caractère de l’enfant ou de l’environnement dans lequel il vit. En effet, si votre tout-petit a besoin d’être rassuré ou si l’entourage est plutôt stressant, il est probable que l’enfant s’attache davantage à son biberon.

Selon une étude canadienne* réalisée en 2010, l’utilisation du biberon serait diminuée de 60% si l’enfant commençait le sevrage vers neuf mois. Cela peut néanmoins paraître un peu tôt, mais une chose est sûre, c’est que plus le temps passe, plus les habitudes sont difficiles à changer. Par ailleurs, il n’y a pas de réelle inquiétude à avoir si votre enfant continue de boire au biberon. Tout comme l’âge de la propreté, votre tout-petit finira par vouloir faire comme les grands et laissera de lui-même son biberon de côté.

Quels sont les risques d’une utilisation du biberon prolongée ?

S’il continue de boire au biberon après un an, veillez simplement à son contenant et à la fraîcheur du liquide afin d’éviter toute stagnation. De l’eau à volonté, mais pas de jus de fruit ou de lait à longueur de journée. Etant donné que le biberon est toujours à sa portée, il y a un risque de surconsommation de lait, qui pourrait causer des carences en fer notamment, ou une mauvaise alimentation puisque le lait coupe généralement l’appétit.

De la même manière, s’il boit trop de jus de fruits, il pourrait développer davantage de caries, et à cet âge, il est préférable qu’il goûte des fruits. Enfin, passé l’âge de 5 ans et avant l’entrée en maternelle, il risque d’être légèrement en retard par rapport à ses petits camarades et cela pourrait jouer un rôle négatif sur sa confiance en lui.

Quelques conseils pour lui faire arrêter le biberon

Tout d’abord, allez-y progressivement ! Rien ne sert d’utiliser des mesures draconiennes en lui interdisant son biberon du jour au lendemain. Au contraire, proposez-lui peu à peu, un verre à bec, dès l’âge de 7 mois par exemple. Lorsqu’il grandira, supprimez petit à petit le biberon de la journée ou celui du matin, tout en gardant celui du soir pour l’endormir. Préférez également une période propice à ce changement : les vacances par exemple sont plus favorables au sevrage que la rentrée, ou le stress du quotidien.

A l’âge de trois ans, si votre enfant ne veut toujours pas quitter son biberon, choisissez des livres adaptés à son âge et sur ce thème afin de lui raconter comment les autres enfants se séparent sans problème de leur tétine, de leur doudou ou de leur biberon. S’il a des frères et soeurs plus âgés, prenez exemple sur eux, en le valorisant sur le fait qu’il grandit et que désormais, il peut faire comme eux et boire dans un verre, comme les adultes ! Cela lui donnera confiance en lui et l’envie, certainement de faire comme papa et maman… Pour lui donner envie, privilégiez les verres en plastique, de couleurs ou à l’effigie de son héro préféré. Faites également attention à ne pas trop remplir le verre afin qu’il ne se mouille pas en buvant, au risque qu’il n’ait plus envie de boire de nouveau de cette manière.

Enfin, n’oubliez pas qu’il s’agit pour lui d’un sentiment de réconfort et de sécurité, alors soyez à l’écoute, et surtout patient(e). Il s’agit pour lui d’une nouvelle étape, rien ne sert donc de le brusquer, mais plutôt de l’accompagner en douceur.

Alice du Laboratoire PediAct

NB : Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.

 

* Etude publiée en 2010 dans Pediatrics et réalisée par une équipe de médecins de l’hôpital St Michael de Toronto.