L’allergie aux protéines de lait de vache chez le nourrisson et l’enfant : à surveiller !

publié le: 19 juin 2014
catégorie: Allergologie

allergie de l'enfant aux protéines de lait de vache

L’allergie au lait de vache est souvent à l’origine de vomissements, diarrhées et coliques chez le nourrisson, comme elle peut entrainer des douleurs abdominales chez l’enfant plus grand. Ce trouble touche 2 à 3% des enfants âgés de moins d’un an mais ce chiffre est certainement sous-estimé à cause de la relative difficulté à détecter ce type de pathologie. L’allergie aux protéines de lait de vache (car c’est souvent ces dernières qui portent l’allergie au lait) représente entre 20 et 25% des hospitalisations de nouveaux nés et peut même entraîner la mort dans les cas les plus graves… Ne la prenons donc pas à la légère !

 

Diagnostiquer une allergie au lait de vache

L’allergie au lait se manifeste de plusieurs façons, c’est pourquoi il est important de garder un œil sur votre enfant après qu’il ait bu du lait afin de noter tout comportement inhabituel. La réaction immédiate se produit en moins de deux heures par des vomissements en jet ou de l’urticaire. Dans des cas très graves (rares heureusement), l’enfant peut avoir une réaction violente comme un choc anaphylactique qui peut mettre sa vie en danger. Dans les cas de manifestations retardées, l’enfant ressent des douleurs inexpliquées ou peut présenter un épisode qui s’apparente à des coliques du nourrisson. Des troubles respiratoires et cutanés sont également des indices à prendre en compte. Selon les statistiques, 40% des cas de reflux gastrique et d’eczéma enregistrés sont causés par l’allergie aux protéines de lait de vache. Quand l’un de ces signes apparaît, n’hésitez pas à consulter votre médecin.

Identifier l’allergie aux protéines de lait de vache

Heureusement, des outils sont aujourd’hui disponibles pour confirmer ou écarter une allergie. Des tests cutanés permettent d’identifier des réactions sur la peau de l’enfant au contact de protéines de lait, et des tests sanguins permettent de constater la présence d’IgE dirigées contre ces protéines dans son sang. Les IgE sont une classe d’anticorps responsables des allergies IgE-médiées, autant dire les plus fréquentes ! Les trois protéines de lait les plus souvent mises en cause sont la caséine, la β-lactoglobuline et l’α-lactalbumine. A coté des tests cutanés traditionnels, certains médecins utilisent également des patch-tests : il s’agit d’un petit buvard imbibé de lait que l’on colle sur la peau du bébé. Si l’enfant est allergique au lait, une réaction cutanée apparaît au bout de 48 heures. Les sensibilisations à la caséine entraînent généralement les allergies au lait les plus sévères et persistantes, cette protéine étant au passage très résistante à la chaleur (ce n’est pas le cas de la β-lactoglobuline et l’α-lactalbumine).

Prévenir et traiter l’allergie au lait de vache

La prévention est toujours une mesure à privilégier et elle est vivement recommandée pour des enfants dont certains parents sont allergiques au lait. Dans ces situations, certains médecins peuvent alors conseiller aux femmes enceintes et à celles qui allaitent de ne pas consommer de cacahuètes qui sont reconnues comme des aliments fortement allergisants. Si l’allergie à l’arachide et au lait sont deux choses différentes, les allergies sont souvent liées entre elles et exposer un enfant de manière régulière à un aliment pourrait le sensibiliser progressivement jusqu’à le rendre intolérant à ce même aliment…

Durant les 4 à 6 premiers mois du nourrisson, il est préférable de privilégier l’allaitement maternel. En parallèle, il est possible d’utiliser des laits hypoallergéniques qui contiennent une proportion réduite de ces protéines de lait mal supportées par le nourrisson. Dans le cas où votre enfant souffre quand même d’allergie au lait malgré ces précautions, le régime d’éviction reste l’unique solution. Il s’agit donc d’exclure le lait de l’alimentation de l’enfant… Pas facile ! Il est possible d’utiliser des “laits” à base d’hydrolysats qui contiennent bien ces protéines à l’origine de désagréments, mais sous une forme dégradée. Pour simplifier, on peut dire qu’elles ont été “coupées” en fragments plus petits qui sont mieux tolérés et plus facilement digérés par les nourrissons, et elles ne sont donc plus présentes en tant que telles…

Si votre enfant ne supporte toujours pas les hydrolysats, il est possible d’aller encore plus loin en lui donnant un mélange spécialisé d’acides aminés. Les acides aminés sont les briques élémentaires des protéines qui composent tous les êtres vivants, ils sont donc la plupart du temps extrêmement bien tolérés. À noter que l’évolution des symptômes peut prendre un certain temps en fonction du degré d’allergie de votre enfant, à savoir environ trois semaines pour que le nouveau régime fasse totalement disparaître les désagréments tels que les diarrhées et vomissements.

Avec un peu de patience, cela finit par s’arranger !

La bonne nouvelle est que l’allergie aux protéines de lait disparait généralement d’elle-même pendant les 12 premiers mois du bébé. Cependant chez certains enfants, l’allergie peut persister jusqu’à leur 8ème anniversaire et nécessite un suivi médical rapproché par un spécialiste. Si votre enfant est concerné, votre pédiatre ou pédiatre allergologue saura vous conseiller pour réintroduire le lait dans son alimentation au moment adéquat.

Alice de l’équipe du Laboratoire PediAct

Cet article ne se substitue pas à l’avis d’un professionnel de santé. Devant des symptômes inhabituels, adressez vous un professionnel de santé qualifié.