L’obésité de l’enfant est un sujet des plus préoccupants depuis de nombreuses années. En 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS, annonçait que le nombre de nourrissons et de jeunes enfants âgés de 0 à 5 ans en surpoids ou obèses dans le monde est passé de 35 millions en 1990 à 42 millions. Si cette tendance actuelle se poursuit, ce chiffre pourrait atteindre les 70 millions dans les années 2025.

Comment enrayer ce problème de surpoids et d’obésité chez les jeunes enfants ? Quelles conséquences aura-t-il sur leur vie d’adulte ? La nutrition des tout-petits y joue-t-elle un rôle essentiel ? Essayons d’y voir plus clair et de mieux comprendre ce phénomène.

L’obésité, c’est quoi ?

L’OMS définit ainsi l’obésité : « Le surpoids et l’obésité sont une accumulation anormale ou excessive de graisse qui présente un risque pour la santé ».

Il n’est pas facile d’élaborer un indice permettant de mesurer le surpoids et l’obésité chez les jeunes enfants, car leur organisme connait de nombreux changements en cours de croissance.

Cependant, pour les enfants âgés de 0 à 5 ans, l’OMS a mis au point de nouvelles normes, afin d’instaurer des courbes qui permettent d’évaluer le développement des nourrissons et jeunes enfants.

Ces normes de croissance sont basées sur 4 critères :

  • La longueur/taille pour l’âge
  • Le poids pour l’âge
  • Le poids pour la longueur
  • Le poids pour la taille

Ces courbes de croissance servent ainsi d’unique référence internationale pour permettre de décrire au mieux la croissance physiologique de ces jeunes enfants. Vous les retrouverez dans le carnet de santé de votre enfant.

Quelles sont les complications de l’obésité chez l’enfant ?

L’enfant sujet à un problème de surpoids ou d’obésité a plus de risques de développer précocement des soucis de santé importants, notamment :

  • Complications respiratoires
  • Troubles du sommeil
  • Risques cardiovasculaires
  • Hypertension artérielle
  • Diabète
  • Troubles musculo-squelettiques
  • Conséquences psychologiques

Mauvaise alimentation en début de vie : principale cause de l’obésité

La nutrition infantile a un impact majeur sur le risque d’obésité de l’enfant. L’augmentation des apports alimentaires, associée à une diminution des dépenses d’énergie, entraine un apport calorique supérieur aux dépenses caloriques du corps. Cette inadéquation entre apports et dépenses énergétiques engendre inévitablement surpoids et obésité.

Les besoins nutritionnels en lipides, glucides et protéines évoluent en fonction de l’âge de l’enfant. En règle générale, l’alimentation des tout-petits est caractérisée par de faibles apports en protéines et des apports plus élevés en lipides (ces derniers doivent couvrir environ 50 % des besoins énergétiques chez le nourrisson).

Or, si les apports en lipides sont nettement inférieurs à ceux préconisés pour le bon développement du jeune enfant, au profit d’un apport en glucides trop riche, un déséquilibre en macronutriments persistant favorise les futurs risques d’obésité de l’enfant. De plus, à long terme, l’excès de protéines va encourager le développement de la masse graisseuse et nuire à sa santé.

Chez les jeunes enfants souffrant de surpoids, cet apport élevé en protéines provient d’une consommation importante de produits d’origine animale, notamment de laitages (28 % dans le lait demi-écrémé, 20 % dans le lait entier, alors que le lait maternel n’en contient que 6 %). Il s’avère donc essentiel de respecter les recommandations nutritionnelles adaptées aux différents âges de l’enfant, afin de leur permettre une croissance normale.

L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, l’INSERM, a analysé les données des études de la cohorte ELANCE qui ont démontré les effets bénéfiques de l’allaitement maternel, ainsi que d’un bon équilibre d’apports nutritionnels dans l’alimentation jusqu’à l’âge de 2 ans, pour prévenir et lutter contre les risques d’obésité.

La composition du lait maternel joue un rôle protecteur sur le risque d’obésité : riche en graisse, il contient une faible quantité de protéines et suffisamment de lipides (environ 55 %) pour répondre aux besoins énergétiques de la croissance. En évitant toute restriction de lipides avant l’âge de 2 ans, le risque de développer un surpoids se réduit à l’âge adulte.

Le rôle de l’alimentation précoce est donc primordial, car il peut être déterminant pour limiter le risque d’obésité. Le tout-petit faisant objet de nombreuses consultations médicales, le médecin se référencera aux courbes de croissance présentes dans le carnet de santé, afin de vérifier qu’aucune prise pondérable excessive n’est à souligner.

 

Sources :

 

AVIS IMPORTANT : Le lait maternel est l’aliment idéal de chaque nourrisson. En cas d’utilisation d’une formule infantile, ou quand la mère ne peut ou ne souhaite pas allaiter, il importe de respecter scrupuleusement les indications de préparation et d’utilisation et de suivre l’avis du corps médical.

Alice du Laboratoire PediAct

NB : Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.