publié le: 6 avril 2015

Tout savoir sur la mort subite du nourrisson

Chaque année, plusieurs centaines de bébés sont victimes du syndrome de mort subite du nourrisson. Cette soudaine et brutale disparition provoque un profond choc émotionnel pour les parents. Ils ressentent plus que jamais le besoin de comprendre et soulèvent de nombreuses interrogations : pourquoi notre enfant ? Pouvions-nous anticiper un tel drame ? Pourquoi n’avons-nous rien vu venir ?

Qu’est-ce que le syndrome de la mort subite du nourrisson ?

La mort subite du nourrisson (MSN) ou mort inattendue du nourrisson (MIN) fait peur. Pourtant, pour la prévenir, il est essentiel d’en parler. Elle a longtemps constitué la première cause de décès des nourrissons âgés entre 1 mois et 1 an (voire 2 ans). En France, si le nombre de cas a fortement chuté ces vingt dernières années, l’Institut de Veille Sanitaire, l’InVS, relève près de 250 décès chaque année.

La mort subite du nourrisson est la mort soudaine et inexpliquée d’un enfant de moins de 1 an, apparemment en bonne santé, survenant lors de son sommeil, et pour laquelle l’examen complet post-mortem ne trouve pas de cause précise. La majorité des cas de MSN touche les nourrissons entre 2 et 4 mois, avec une proportion plus forte de garçons, et un pic en période hivernale.

Comment expliquer la mort subite du nourrisson ?

Si l’on a longtemps tenu l’apnée comme responsable de cette mort subite (l’enfant oublierait de respirer pendant son sommeil), de nombreuses recherches ont été menées depuis les années 1980. La MSN serait considérée comme le résultat d’un accident multifactoriel, dont trois facteurs seraient en cause :

  • Un facteur de maturation des fonctions vitales (systèmes respiratoire et cardiaque)
  • Un facteur déclencheur (comme une pathologie liée habituellement à cette tranche d’âge)
  • Un facteur environnemental (tabagisme, ou encore conditions de couchage de l’enfant)

Peut-on prévenir le syndrome de la mort subite du nourrisson ?

Selon une étude de l’InVS*, menée par le Docteur Juliette Bloch, pédiatre et épidémiologiste, un nombre important de décès inattendus chez les tout-petits de moins de 1 an pourrait être prévenu. Si certaines causes, comme des infections infantiles ou maladies cardiaques et respiratoires, peuvent expliquer le décès brutal de l’enfant, d’autres restent sans réponse. Aujourd’hui, un tiers des décès pourrait être évité si l’environnement du nourrisson était davantage sécurisé.

Des mesures préventives nationales, mises en place à partir de la compréhension des causes et contextes des décès passés, permettent de prévenir la mort subite du nourrisson :

 

  • Toujours coucher le tout-petit sur le dos (en lui laissant une totale liberté de mouvement), afin d’éviter tout risque d’enfouissement dans le matelas.
  • Dès sa naissance, son matelas doit être ferme et adapté aux dimensions de son lit.
  • Les couettes, coussins, oreillers, tour de lit et grosses peluches sont à proscrire de son lit, car ils représentent un risque d’étouffement pour le nourrisson (une gigoteuse suffit pour le couvrir).
  • La température de sa chambre doit être modérée, idéalement entre 18 et 19 °C, et la pièce régulièrement aérée.
  • Après sa tétée ou son biberon, il est fortement recommandé d’attendre une quinzaine de minutes avant de l’allonger : s’il régurgite, il peut s’étouffer.
  • Ne jamais fumer en présence du nourrisson. Le tabac est un facteur aggravant de risques de mort subite (le tabagisme pendant la grossesse y contribuant).
  • Un couchage séparé est recommandé : partager son lit avec le nourrisson l’expose à des risques d’écrasement et d’hyperthermie (élévation de la température corporelle).
  • Lorsque le bébé est porté en écharpe, foulard ou porte-bébé, veillez à ce que son nez soit bien dégagé.

 

A qui s’adresser ?

La mort subite d’un enfant laisse place à une douleur indescriptible. Cette tragédie, dont les causes ne sont pas encore toujours définies, va à l’encontre de l’ordre du temps et laisse les parents endeuillés dans une profonde incompréhension et culpabilité.

De nombreuses associations se mobilisent afin d’aider et accompagner les parents qui ont perdu un tout-petit :

Si le nombre de cas de mort subite du nourrisson a fortement chuté en France ces dernières années, des campagnes nationales d’information sont primordiales pour prévenir ce syndrome et relayer les recommandations en vigueur auprès des parents et acteurs du monde de l’enfance.

Alice du Laboratoire PediAct

NB : Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.

 

* Etude Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans par l’InVS.