Mots et maux du corps : zoom sur la somatisation

publié le: 26 mars 2020

Maux de tête à répétition, constipation, otites, eczéma ou encore douleurs aux genoux ? Et si c’était autre chose ? Quand le corps s’exprime à la place de l’esprit, on parle de somatisation. PediAct fait le point.

 

Qu’est-ce que la somatisation ?

La somatisation est un trouble fréquent mais malheureusement souvent sous-évalué. En quelques mots, c’est l’expression d’une souffrance intra-psychique ou psycho-sociale par des plaintes corporelles. Quand un enfant somatise, il exprime sa souffrance mentale, son stress ou ses angoisses, par des douleurs physiques. Chez les bébés et les tout petits, les somatisations sont particulièrement prononcées. 

 

La somatisation chez le bébé

Pourquoi la somatisation est un phénomène si présent chez les bébés ? La séparation entre le corps et l’esprit est une considération adulte. Pour le bébé, le corps et l’esprit sont intimement liés. Ce qu’il ressent dans sa tête, il le ressent directement dans son corps. C’est un tout.

Durant la première année de sa vie – et sans le langage – la seule et unique communication passera donc par le corps. Un bébé qui somatise pourra avoir par exemple des problèmes de sommeil ou des troubles digestifs.

 

La somatisation chez l’enfant

Vers l’âge de 2-3 ans, la somatisation chez l’enfant prend d’autre formes. Elle est moins fréquente mais touche quand même de nombreux enfants. 

Une difficulté à l’école, un problème avec des camarades pourront ainsi déclencher des maux de ventre, de l’eczéma ou des otites à répétition. Les enfants déjà fragiles sur le plan de la santé, comme les enfants asthmatiques, pourront voir ce trouble s’accentuer.

 

Les causes

La somatisation est un moyen pour le corps de dire : “ça ne va pas”, “je ne me sens pas bien”, “je suis stressé”, “je suis en colère”, etc. 

Dans la somatisation, le corps sert d’alerte pour remonter un conflit intra-personnel, un décalage entre le ressenti de l’enfant et ce que son entourage attend, la perte d’un proche ou les séparations, les non-dits, un choc émotionnel, etc.

 

Somatisation et prédispositions

Les enfants d’un naturel angoissé ou stressé – que ce soit suite à une situation particulière ou à cause d’un terrain familial – pourront somatiser plus que d’autres. Pour les aider, n’hésitez pas à faire appel à un psychomotricien formé pour accompagner l’enfant dans le cadre des maladies psychosomatiques. 

 

Les traitements

En fonction de la puissance des troubles et de leur fréquence, un travail psychothérapeutique peut être proposé au petit afin de lui permettre de :

  • Se recentrer sur ses émotions ;
  • Donner du sens à ce qu’il ressent ;
  • Verbaliser autrement que par le corps ;
  • Désamorcer les angoisses, le stress, etc.

Très souvent, les résultats sont satisfaisants. On constate une diminution, voire même une disparition, des douleurs somatiques. La famille doit évidemment jouer le “jeu” afin de mieux analyser les relations familiales dans leur ensemble.  

 

Ce qu’il faut retenir :

La somatisation et les douleurs somatiques sont des phénomènes extrêmement fréquents chez les bébés et les petits enfants. Un mal de ventre sans raison particulière, l’apparition de petits boutons avant d’aller à l’école, ou encore une douleur à la tête… Quand les mots manquent, les maux du corps ne sont pas à prendre à la légère. 

Communiquez avec votre enfant, échangez avec lui s’il ne réussit ou ne peut verbaliser son mal-être, et n’hésitez pas à vous entourer d’un professionnel. 

 

Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.