publié le: 16 janvier 2015
catégorie: ORL

En France, 30 000 à 50 000 enfants présentent des troubles auditifs. Chaque année, la surdité touche près d’un millier de nouveau-nés et, dans 40 % des cas, ces surdités sont sévères. D’après l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, l’INSERM, les trois quarts d’entre elles sont d’origine génétique. De lourdes conséquences sur l’acquisition du langage et le développement socio-affectif sont alors à déplorer si un dépistage et une prise en charge précoces ne sont pas mis en place.

Comment définir la perte auditive ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS, l’enfant hypo-acoustique est : « celui dont l’acuité auditive est insuffisante pour lui permettre d’apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge et de suivre avec profit l’enseignement général ».

La perte auditive se calcule en nombre de décibels (dB).

On estime ainsi les pertes d’audition :

  • De 0 à 20 dB, l’audition est normale.
  • De 21 à 40 dB, la perte d’audition est légère. Les enfants atteints de cette légère déficience peuvent rencontrer des difficultés dans leur développement cognitif et leur scolarité.
  • De 41 à 70 dB, la perte d’audition est moyenne. L’enfant ne perçoit la parole que si la voix est forte et présente des troubles du langage importants.
  • De 71 à 90 dB, la perte d’audition est sévère. L’enfant ne perçoit les sons qu’à très forte intensité (80 dB étant le volume sonore d’une rue bruyante) et l’acquisition de la parole est compromise.
  • Au-delà de 90 dB, l’enfant est sourd et n’a aucune perception de la voix.

Une perte d’audition au-dessus de 30 décibels peut entraîner un appareillage de l’enfant.

 

Quels sont les signes évocateurs d’un problème d’audition ?

Qu’il s’agisse d’une cause héréditaire, d’une atteinte virale intra-utérine, d’une souffrance fœtale ou de prématurité, ou encore d’otites à répétition, il est primordial de reconnaitre les symptômes révélant un éventuel problème d’audition afin de consulter rapidement un spécialiste.

  • De la naissance au 1 an de l’enfant : une absence de réaction aux bruits et à la voix ; un sommeil trop calme ; l’arrêt des babils ; une non-réponse à l’appel de son nom.
  • De 1 an à 2 ans : des difficultés à prononcer les syllabes ; de l’inattention à tout ce qui ne se trouve pas dans son champ visuel ; une absence de vocabulaire.
  • De 2 ans à 3 ans : un apprentissage du langage très lent ; des émissions vocales incontrôlées ; un manque de réaction lorsque l’on s’adresse à lui.
  • Après 3 ans : un retard de langage et de la parole; des troubles du comportement (agressivité, colères, déficit d’attention, repli sur soi-même, frayeurs nocturnes, etc.) ; des difficultés d’apprentissage.

 

Qui consulter et quelle sera la prise en charge de mon enfant ?

Une prise en charge précoce est essentielle : un dépistage et une intervention rapide permettent de réduire l’impact de la perte d’audition sur le développement de l’enfant.

L’oto-rhino-laryngologiste (ORL) est un médecin spécialisé dans le diagnostic et les soins des troubles du nez, de la gorge et de l’oreille. Si votre enfant a des troubles de l’audition, votre médecin généraliste vous orientera vers ce spécialiste afin qu’il l’examine, détermine les causes du trouble auditif et propose un traitement adapté.

Après un questionnaire approfondi sur les antécédents familiaux de l’enfant, l’ORL fait un bilan auditif en pratiquant des tests de dépistage. Il réalise un audiogramme, c’est-à-dire un graphique qui lui permet de mesurer la capacité auditive de chaque oreille de l’enfant et de dépister un éventuel trouble auditif, même partiel.

Le test audiométrique comporte deux évaluations : l’audiométrie tonale et l’audiométrie vocale.

L’audiométrie tonale permet d’évaluer les seuils auditifs de chaque oreille à l’aide de sons. Installé dans une cabine insonorisée, l’enfant doit indiquer par un geste s’il entend ou non le son émis. Ce test de dépistage se réalise en général à partir de 4 ans.

L’audiométrie vocale se fait à l’aide de planches représentant des mots et des images et permet d’étudier la perception de la parole. L’enfant doit répéter une liste de mots (adaptés à son vocabulaire) émis à différentes intensités. Ce test de dépistage se réalise en général à partir de 4 ans.

Ces tests peuvent varier en fonction de l’âge du jeune patient et de sa maturité. Par exemple, pour un enfant de 2 ans, le médecin examine l’enfant grâce à des tests à voix nue (il chuchote à l’oreille de l’enfant son prénom et des mots très simples) ; pour un enfant de 3 ans, il se sert d’un imagier et demande à l’enfant, à voix basse, de lui montrer les images qu’il lui énumère.

L’ORL peut également utiliser des jouets sonores (triangle à percussion, tambour, sifflets, etc.) et des jouets émettant des bruits similaires à ceux d’animaux. Il pourra ainsi vérifier les réactions auditives de l’enfant, du grave à l’aigu. Ce mode de stimulation est souvent utilisé pour les nourrissons et tout-petits.

Si le médecin détecte une déficience auditive à la suite de l’examen, il peut envisager, en fonction de la perte d’audition diagnostiquée, une chirurgie, une prothèse auditive ou encore de la rééducation orthophonique.

Un diagnostic précoce est donc indispensable pour prévenir et éviter un retard de langage et d’éventuelles difficultés scolaires et d’intégration. Il est également essentiel de consulter un spécialiste pour tout nourrisson de moins de 6 mois n’ayant pas eu de dépistage néonatal et ayant des facteurs de risques héréditaires.

 

Alice du Laboratoire PediAct

NB : Cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale ou aux conseils d’un professionnel de santé.